14.- La France et Ingrid Betancourt, une affaire d’Etat. Les Honneurs

 

         L’envie de prestige a amené Ingrid Betancourt à commettre l’irréparable pour elle, pour sa famille et pour la Colombie. Sa pulsion de reconnaissance a dépassé, comme elle le voulait, les frontières de la Colombie pour se placer dans l’orbite internationale. En Colombie, elle n’a jamais connu la reconnaissance des masses populaires, son programme politique ne collait pas aux attentes de la population, elle était décalée par rapport aux attentes du peuple. Par contre, en France, avec son livre « La Rage au Cœur », elle a touché au plus profond les sentiments des Français, ils attendaient que quelqu’un les fasse rêver d’un monde meilleur.
         Très vite après la détention d’Ingrid par les FARC, l’Ambassade française à Bogota s’inquiète de sa disparition. La raison est claire, l’amant d’Astrid, la sœur d’Ingrid, n’est autre que l’Ambassadeur français à Bogota, Daniel Parfait. Le soir du 23 février 2002, vers 21h, la présidence de la République colombienne fait un communiqué sur l’enlèvement d’Ingrid Betancourt. Daniel Parfait appelle immédiatement le consul Noël Saez, alias « 008 », pour l’avertir de ce drame. Ce dernier était installé à Bogota depuis septembre 2001. Il fera ses premières rencontres avec des membres des FARC (Olga Lucía Marín et Marco Calarcá) au Mexique en mars 2002. Tout de suite après, le 10 mars, il rencontrera Raúl Reyes.
         Daniel Parfait a mené les dernières négociations pour que le dialogue de paix entre le gouvernement colombien et les FARC ne s’arrête pas en janvier 2002. Le ministre des Affaires Etrangères Dominique de Villepin va être mis au courant ainsi que le Président français Jacques Chirac. Le 25 février 2002, ce dernier appelle par téléphone le Président Pastrana pour lui exprimer sa préoccupation après l’enlèvement de la sénatrice et demande qu’on n’entreprenne pas d’actions qui pourraient mettre en danger la sécurité de l’otage. Il a parlé avec Kofi Annan, le Secrétaire Général de l’ONU, pour lui demander l’intervention de cet organisme J249. Le 9 mars, il fait une déclaration publique destinée au gouvernement colombien. Le 18 mai, il renouvelle sa déclaration au sommet des chefs d’Etat de l’Union Européenne et de l’Amérique Latine au Chili. Le 3 juillet, il se trouve en réunion avec le nouveau Président colombien Uribe en visite à Paris et lui déclare sa préoccupation à propos Ingrid Betancourt. Le 10 juillet, il demande de l’aide au Président du Venezuela, Hugo Chávez, pour que ce dernier intervienne pour sa libération J1040.


 

Ci-dessous, vous trouverez toute la bibliographie qui a été nécessaire pour la réalisation de l'ouvrage "Ingrid Betancourt. Une famille Colombienne dans les rouages de la politique française."

Audio Audio