5.- Ingrid Betancourt et la politique

 

         Dans le livre d’Ingrid Betancourt, « La Rage au Cœur », la décision de faire de la politique semble contradictoire. Ingrid écrit que sa vocation de faire de la politique est née au début des années soixante-dix quand, cachée en-dessous du piano L108, elle écoutait son père parler à des personnalités colombiennes lorsque la famille habitait à Paris, dans le luxueux appartement de l’avenue Foch ; elle avait alors neuf ans. A l’été 1986, Ingrid Betancourt est à Bogota pour deux mois avec sa fille Mélanie. Elle accompagne Yolanda Pulecio, sa mère, qui siège au Parlement car elle a été élue députée en mars 1986. Lors d’une séance, elle se trouve à côté de sa mère et, subitement, Ingrid lui lance : « Tu sais, un jour, je serai assise ici-même » L140. Elle a à peine 25 ans et elle n’a jamais travaillé, pourtant, sa mère considère qu’Ingrid a déjà l’expérience du gouvernement. L’appel mystique pour la Colombie est venu le jour de la mort de Luis Carlos Galán Sarmiento, le 19 août 1989, elle avait alors 29 ans et pensait porter le flambeau de cet homme politique. Le diplomate Miguel Gómez Martínez, ancien Ambassadeur colombien à Paris, raconte qu’un jour Ingrid débarqua dans son bureau et lui annonça, de but en blanc : « je vais faire de la politique ». Les deux travaillaient à cette époque pour le ministre des Finances Rudolfo Hommes.

         En 1988, après une union houleuse, le couple Delloye-Betancourt est arrivé à un point de rupture. Au mois d’août 1989, Ingrid Betancourt part en France avec son fils âgé de 11 mois pour « réfléchir ». Le 18 août, de cette année, se trouve chez des amis, dans la région des Châteaux de la Loire L130. Le même jour, à Soacha, une ville de 400.000 habitants à 18 km de Bogota, un homme politique colombien, probable futur Président de la République, est assassiné. Il s’agit de Luis Carlos Galán Sarmiento, du Parti Libéral et ami de Yolanda Pulecio. Ingrid dit que la mort de cet homme politique sera le déclic qui l’a décidée à rentrer en Colombie. Elle fait une crise dépressive qui se terminera par une révélation : « La mort de Luis Carlos Galán, dont les Colombiens paient le prix aujourd'hui encore, va marquer une rupture irrémédiable dans ma vie »L131. Elle a 29 ans et s’estime dépositaire de l’engagement de ce politicien de renom : « Aujourd'hui, j'ai repris le combat, au nom de tous ceux qui sont morts sans avoir vu les premiers rayons de l'aube » L132. La version espagnole de son livre est différente, Ingrid se dit : « Je suis l’héritière dans ce combat. C’est pour cela que la mafia a essayé de m’assassiner deux fois » J223. Quatre mois plus tard, en janvier 1990, elle quitte son mari et rentre seule en Colombie. Après son divorce, elle gardera la nationalité française.


 

Ci-dessous, vous trouverez toute la bibliographie qui a été nécessaire pour la réalisation de l'ouvrage "Ingrid Betancourt. Une famille Colombienne dans les rouages de la politique française."

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